Dimanche 6 décembre 2009
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Alexandre Dumas père, dans son dictionnaire de cuisine note que " Parmi les ragoûts de Provence ou de Languedoc qui ont pris singulièrement faveur à Paris, il
faut distinguer surtout les brandades de merluche. On sait qu’un restaurateur du Palais-Royal a fait sa fortune par sa manière de les préparer, et qu’on envoie journellement en chercher chez lui,
parce qu’il a la réputation de les faire excellentes. "
La faveur faite à Paris à ce plat, probablement d'origine portugaise n'est finalement que justice. Alphonse Daudet s’en régalait aussi. C’était d’ailleurs source de conflit avec sa
femme, qui détestait la cuisine méridionale. Dès que sa femme s'absentait, il l’achetait à Paris, Aux produits du Midi, qui se faisaient livrer de Nîmes. C’est que cette ville en devint la
capitale, au XVIII° siècle, lorsqu’un certain Charles Durand, cuisinier des évèques de Nîmes et d’Alès, en posât les bases.
On en trouve aujourd'hui un peu partout la recette, sans ail pour ce qui est de la Brandade de Nîmes, contrairement au pratique provençales.
J’avoue ne jamais avoir eu la patience d’en faire, car c’est bien le temps qui fait la bonne brandade. Comme nous l’indique notre guide universel :
"la perfection des brandades dépend surtout du mouvement imprimé pendant très longtemps à la casserole et qui seul opère l’extrême division de toutes les parties du poisson, naturellement
coriace, et le métamorphose en une espèce de crème. "
Alexandre Dumas, dictionnaire de cuisine
De nos jours, on en trouve toute faite, en conserve et très bonne, comme
celle de la maison Coudène à Saint-Christol-les-Alès.
J’ai également appris que les puristes considère comme un sacrilège de la mélanger à des pommes de terre. Ceci étant, je vous en propose quand même une recette qui vous régalera.
Ingrédients ;
1 Kg de pommes de terres pour purée (bintje)
1 pot de 200 g brandade de Nîmes (Coudène)
beurre
crème fraiche
Cuisez les pommes de terre à la vapeur.
Faites en une purée bien ferme en les écrasant, avec le beurre et la crème, à la fourchette.
Séparez en deux portions égales.
Ajoutez à l’une d’elle la brandade de Nîmes
Mélangez bien.
Faites un cercle de purée ferme
Posez dessus de la purée à la brandade et ajustez au cercle
Décorez l’assiette avec un anchois, des poivrons marinés, des légumes vapeur
Servez avec du bon pain
Par phil
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Samedi 5 décembre 2009
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15:18
Halloween est loin maintenant, les citrouilles ne sont plus la mode, mais les potirons de toutes sortes sont encore bien là. Le problème, c'est que les enfants
n'en sont pas toujours des amateurs passionnés. Il faut donc trouver une façon de les accomoder.
Voilà une recette amusante, qui m'a été inspirée par le magazine "la gazette des jardins".
ingrédients :
- 400 grammes de potiron,
- farine
- sel
- levure de boulanger.
Cuire le potiron à la vapeur, puis écrasez la chair en purée. A joutez de la farine, avec la
levure de boulanger diluée et une cuillère a café de sel. Mettez assez de farine pour que la pâte ne colle plus trop et en faire une boule.
Laissez la reposer au moins deux heures.
Quand la pâte à monté, en faire huit boules, écrasez les un peu.
Faites chauffer une poêle sans matière grasse,
puis y faire cuire les petits pains de potiron.
Ils se conserveront dans un linge propre quelques jours, mais en général, inutile d'attendre aussi longtemps : ils ont disparu avant !
La preuve !!!
Par phil
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Dimanche 29 novembre 2009
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15:08
Actes Sud, l'éditeur arlesien, dont on ne
peut dire que du bien, publie depuis quelques années, une collection superbe : "l'Orient gourmand", consacré à la cuisine plutôt de l'est de la Méditerranée, où de vraies perles ont été publiées :
La cuisine de Zyriab, le traité du pois Chiche ou la cuisine arménienne, qui sont à mon avis les meilleurs.
J'ai récemment lu un livre que je ne connaissais pas de cette collection : "boire et manger en Méditerranée" de Paul Balta. Le titre affiche l'ambition, loin des créneaux très particuliers
que d'autres livres de la série explorent (la cuisine des pharaons, A la table du grand Turc, pour ne citer qu'eux). Le texte est passionnant, brossant deux mille ans d'histoire et proposant des
entrées thématiques (les interdits aimentaires, les alcools, les modes de préparation, ...) cherchant les différences, les similitudes, les échanges entre toutes les rives de la Méditerranée. On y
découvre les différentes façons d'appréhender un même produit -le riz, les viandes, les poissons- et même le café. Sur ce dernier point, le livre confirme ce dont je me doutais depuis longtemps :
il n'y a pas de différence entre le café grec, le café turc et le café égyptien. Par contre vous apprendrez ce qu'est le café arabe qui lui, est différent.
Enfin, à une époque où les livres de cuisine sont bien souvent avant tout des livres de photos, rien de tout ça ici. Pas de poivrons photographié avec 3 mm de profondeur de champ, ni de branche de
persil en gros plan sur une page entière. Là, uniquement des aquarelles monocolores, au fil du texte.
Plein de gai savoir dans ce livre, et puis ausi, bien sûr, une soixantaine de recettes. Rien de très original pour ceux qui connaissent la collection, mais faciles à faire et toujours
délicieuses.
28€ chez les bons libraires, comme on dit !
Par phil
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Jeudi 26 novembre 2009
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12:25
C’est une excellente manière de préparer les pâtes que j’ai goûtée en
Sicile. Assez facile, bon marché qui plus est.
* 400 g de spaghetti (De Cecco ou Barilla)
* 700 g de moules (de Bouzigues ou autre)
* 200 g de tomate en dés
* 2 ou 3 filets sardines fraiches
* vin blanc sec
* Huile d’olive
* 3 gousses d’ail
* quelques feuilles de basilic
* 1 branche de persil
* piment
moulu doux
* sel
1. dans une cocote, mettre un peu d’huile d’olive.
2. rajoutez-y les moules, avec deux gousses d’ail écrasées et un verre de vin blanc. Couvrez et chauffez.
3. Quand les moules sont toutes ouvertes, sortez du feu.
4. prendre un verre du liquide de cuisson et flitrez-le.
5. décortiquez les moules, sauf quelques unes pour la décoration des assiettes.
6. écrasez une gousse d’ail et faites-la revenir dans un peu d’huile d’olive dans une poêle avec les filets de sardine coupés en morceaux -pas trop longtemps, l’ail ne doit pas frire-
rajoutez alors la tomate en dés, le persil coupé, le basilic coupé et le piment.
7. rajoutez le demi verre de jus de cuisson filtré et un demi verre de vin blanc
sec, salez et laissez cuire une vingtaine de minutes en remuant de temps en temps. En fin de cuisson, rajoutez-y les moules décortiquées.
8. cuisez les spaghetti al-dente, ajoutez y la sauce aux moules.
10. mélangez, servez dans des assiettes que vous décorez avec quelques moules non décortiquées et une feuille de basilic.
Par phil
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Lundi 23 novembre 2009
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Même, je devrais dire surtout, les aliments les plus quotidiens, ceux qu’on voit si souvent qu’on ne les questionne plus, ont une histoire. Ainsi, l’aliment
emblématique de l’Italie doit probablement être celui qu’on trouve dans toutes les cuisines françaises. Quand un placard de cuisine est vide, il y a quand même un paquet de pâtes dedans !
Voilà en tout cas un vrai aliment méditerranéen, connu de tout temps. Du moins depuis la domestication des céréales et du blé, premier pilier de la triade méditerranéenne (avec la vigne et
l’olivier) et la découverte de la farine qu’on pouvait en tirer. On raconte que les étrusques utilisaient en faisaient une pâte, très similaire à nos pâtes fraîches actuelles. Les romains après
eux, fabriquaient , à base de farine de blé, des laganes, qui devaient ressembler aux lasagnes actuelles et qu’Apicius recommandait de fourrer de viande. Il n’est pas impossible que la
fabrication de pates, qu’on faisait sécher, à l’époque romaine fut une réponse à la difficulté de conserver non seulement le blé en grain, mais également en farine.
On retrouve mention des pâtes tout au long de l’histoire de l’Italie, et, au 12° siècle apparaissent les pâtes sèches, inventée et commercialisées en Sicile –un grenier à blé de la péninsule depuis
l’empire romain au moins-, dans la région de Palerme. Le géographe Al-idrisi raconte que des pâtes en forme de fil (tria en arabe), étaient exportées dans tout le bassin méditerranéen.
Sans doute les ancêtres de nos spaghettis !
C’est bien entendu après la découverte de l’Amérique que les pâtes se marieront si bien avec la tomate. Cependant, il manquait alors quand même encore quelque chose pour que les pâtes et surtout
les spaghetti deviennent un plat universel, s’inscrivant aussi au menu de nobles et des bourgeois … la fourchette. Hé, oui ! Ce n’est qu’au début du 17° que le chambellan de la cour de Ferdinand
II, un certain Gennaro Spadacinni inventa la petite fourche. Le plat de spaghetti et sa fourchette pouvaient alors conquérir le monde. Sa fourchette seule d’ailleurs ; Foin de cuillère, en Italie,
les spaghetti si mangiano con la sola forchetta.
Pour faire des bonnes pâtes, suivons les italiens donc, et par dessus tout les siciliens,
maîtres en la matière. Là bas, le choix est simple : De Cecco ou Barilla. Je préfère les premières ; pâtes au blé dur, à l’eau de source des Abruzzes (là c’est vraiment du snobisme mais bon !)
séchées à basse température. Les spaghetti sont au calibre italien, un peu plus gros que le calibre français. Beaucoup de modèles disponibles, chez les épiciers italiens, ou à Monoprix. Pour les
amateurs de bio, je vous recommande aussi les Montebello qu’on trouve en général dans les Biocoop.
Faites donc bouillir beaucoup d’eau, que vous avez salée avant (pour augmenter le point d’ébullition). Respectez scrupuleusement la cuisson al dente, la spaghetti doit être élastique
et croquante.
Comme c’est en Sicile que jusqu’à présent j’ai mangé les meilleurs pâtes de ma vie, je vous renvoie vers une recette sicilienne: les Spaghetti alle cozze, aux moules.
Je vous donnerai des recettes siciliennes un de ces jours !
Par phil
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